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Article fondateur du CiiB

Pour l'orientation de la Bourse vers le financement des entreprises

"La priorité essentielle de la politique économique et sociale du gouvernement est d'assurer les besoins liés à la croissance économique et à la création d'emplois."

C'est en ces termes que débute la lettre de mission de la Commission "Protection et développement de l'Epargne", créée en septembre 1981 sur les vœux du Ministre des Finances et du Président de la République.

Dans cette lettre de mission, il est précisé, plus loin, parmi les objectifs à atteindre : "Permettre aux entreprises - en développant les capitaux à risque - de trouver les fonds propres qui leur sont nécessaires"…

Tous les gouvernements précédents avaient cette même préoccupation, mais, semble-t-il, avec moins de détermination qu'actuellement, surtout envers les PME-PMI.

Dans le but de développer le rôle économique de la Bourse, de nombreuses commissions ont été créées, des propositions suggérées, des réformes appliquées, notamment :

  • en 1962 : unification de la coulisse et du parquet,
  • en 1966 : Etudes et suggestions des organisations syndicales de la Bourse et M.E. Meeschaert,
  • en 1968 : création de la C.O.B,
  • en 1978 : Loi Monory,
  • en 1981 : rapport Pérouse.

Et, malgré des circonstances éminemment favorables, particulièrement ces trois dernières années, grâce à la loi Monory, le problème du rôle de la Bourse dans la reconstitution des fonds propres des entreprises n'a pas évolué, bien au contraire. Il y avait en 1975, huit cents sociétés inscrites dans les Bourses françaises, qui représentaient près de 60% de la valeur ajoutée de l'économie française. En 1981, suite aux fusions de sociétés et radiations de la cote, il restait, malgré une moyenne de six introductions par an, 580 sociétés représentant maintenant 45% de l'économie française. Les nationalisations vont ramener ces chiffres aux alentours de 30%.

Le marché financier se referme donc davantage sur lui-même, le poids des sociétés cotées en Bourse, en regard de l'économie française, déjà dérisoirement faible, continue à diminuer rapidement.

L'accélération de l'endettement des entreprises

Depuis 1974, le ralentissement de l'expansion a entraîné une profonde dégradation de la situation financière des entreprises. Leur compétitivité et leur rentabilité ont connu un certain affaiblissement, les apports en fonds propres ont été si faibles, qu'elles n'ont pu éviter une nouvelle accélération de leur endettement, au point que celui-ci atteint des niveaux préoccupants et même souvent catastrophiques.

Actuellement, les investissements nouveaux se font par autofinancement, mais surtout, par emprunts à court, moyen et long termes ; ce qui fait perdre aux sociétés leur autonomie financière, au profit d'organisations qui ne sont ni des épargnants, ni des industriels, ni des entrepreneurs : mais un système bancaire vers lequel toute la gestion des entreprises est tournée.

En effet, les frais financiers des sociétés françaises représentent en moyenne, en 1981, 7% du chiffre d'affaires.

L'éventail se situe entre 2,5 et 3% de ce chiffre d'affaires pour les sociétés ayant une bonne trésorerie, et de 10 à 12% pour les entreprises ayant des difficultés.

Beaucoup de sociétés sont au bord du dépôt de bilan, et ne travaillent que pour payer les agios et les intérêts.

Dans le même temps, les sociétés cotées n'utilisent plus, à quelques exceptions près, la Bourse, pour développer leurs fonds propres et trouver de nouveaux actionnaires, malgré l'opportunité de la Loi Monory.

Notre économie, avec l'illusion d'une croissance indéfinie, a laissé croire - nos banquiers aidant - que le marché financier était devenu inutile.
C'est ainsi que les "capitaines" des grandes sociétés cotées qui détiennent leur pouvoirs de l'Assemblée Générale des actionnaires, accentuent cette dépendance au crédit bancaire.

Lorsque l'on sait que, par le jeu des pouvoirs en blanc, qui arrivent aux Banques, ce sont ces dernières qui contrôlent les conseils d'administration et leur président, nous pouvons alors commencer à comprendre pourquoi les sociétés cotées préférent les services du crédit (très rémunérateur pour les Banques), plutôt que celui de leur concurrent direct, "la Bourse" (qui ne leur rapporte rien).

Il manque à la Bourse un réseau commercial

Devant les différentes techniques de financement proposées par le monde financier, la réticence des Agents de Change à développer le rôle de la Bourse en tant que moyen de financement direct pour les entreprises, s'explique :

1. Par le fait que les Agents de Change, "Officiers Ministériels", bénéficient du monopole de cotation des valeurs mobilières ; ils craignent de perdre ce monopole et ne cherchent pas à le développer, mais simplement à le maintenir.

Ce n'est que depuis quelques mois, et grâce à l'esprit de la Loi Monory, que les Agents de Change ont commencé à faire de la publicité, pour s'adresser aux épargnants ; mais en ce qui concerne le financement des entreprises par la Bourse, c'est toujours le "statu quo"… (Il y a bien eu, depuis des années, des déclarations d'intention de régénérer le tissu boursier, mais jamais la possibilité de l'utilisation du marché financier, comme instrument de financement, pour des milliers d'entreprises, n'a été envisagée. Rien n'a été fait pour encourager les initiatives allant dans ce sens, bien au contraire).

Nous avons pu entendre, récemment, dire par la profession : "… la Bourse n'est pas une pompe à financer les entreprises..."

C'est ainsi que la majorité des chefs d'entreprise ignorent toujours tout de la Bourse.

Le seul interlocuteur financier des sociétés, c'est toujours le banquier et jamais celui-ci ne les orientera vers ce concurrent qu'est la Bourse ; en effet une des caractéristiques du développement des fonds propres des entreprises, c'est d'amener celles-ci à diminuer leur endettement, donc le financement par le crédit, et ainsi, tendre à réduire l'activité essentielle des Banques.

On voit mal comment celles-ci, même nationalisées, pourraient l'accepter.

2. En fait, le principal frein au développement des initiatives commerciales des Agents de Change vis-à-vis des entreprises est que ceux-ci craignent de concurrencer les Banques ; celles-ci ont en fait acquis le monopole du financement des entreprises ; lorsqu'un agent de change démarche une entreprise cliente d'une Banque, il y a mécontentement de cette dernière, et des "sanctions" peuvent être prises contre l'Agent de Change trop commerçant, s'il n'entre pas dans le rang.

Nous avons vu des Officiers Ministériels, appelés auprès des chefs de Bourse de Banque, pour s'entendre signifier d'arrêter leur contact avec les sociétés " X " ou " Y " … sous peine de se voir "retirer les ordres".

C'est à dire que la banque, qui est généralement un bon et gros client pour l'Agent de Change, ne travaillerait plus avec ce dernier, s'il poursuivait ses démarches commerciales et une perte énorme pour celui-ci, s'il insiste.

Il faut savoir que les Agents de Change n'ont pas de réseaux commerciaux à travers la France, et que la collecte des ordres de Bourse (principale ressource des Agents de Change), se fait par l'intermédiaire des guichets de Banques. C'est ainsi que près de 80% des affaires des charges arrivent par le canal des Banques !

Si celles-ci venaient à supprimer leurs relations avec un Agent de Change, 80% des recettes viendraient à disparaître et avec elles, s'ensuivrait la fermeture de cette charge.

Nous comprenons mieux ainsi comment on peut calmer les ardeurs de la Bourse, vis à vis des entreprises.

3. Ce n'est qu'en période de crise pour la profession boursière que les Agents de Change se préoccupent de leur survie, et proposent des réformes éventuelles. C'est ainsi que la fusion coulisse-parquet et la réduction du nombre des Charges a eu lieu ces vingt dernières années après des périodes de marasme.

Il est temps d'utiliser la Bourse, au service du Pays, car le pari que la France fait actuellement, pour relancer l'économie et l'emploi est bien mal engagé du fait de la structure dangereusement inadaptée du système financier.

La caractéristique de la quasi-totalité des PME-PMI, qui représentent 40% de l'économie du Pays, et qui sont les principaux créateurs d'emplois, est que ce sont des sociétés à caractère familial. Elles n'ont pas ouvert leur capital au public, et les titres de ces sociétés sont détenus seulement par quelques personnes. C'est un actionnariat sans actionnaire, ou personne ne peut ou ne veut faire face aux augmentations de capital en numéraire, d'où l'endettement.

Les bourses françaises s'ouvrent aux PME-PMI

La C.O.B, très consciente de tous les blocages et considérant qu'il fallait faciliter l'accès des PME au marché boursier pour diffuser leurs actions et leur permettre de faire appel à l'épargne publique, a décidé en novembre 1977, de créer le "compartiment spécial" du hors cote.

L'avantage de ce "compartiment spécial" , antichambre du marché boursier officiel, est qu'il encourage les sociétés à accéder à la Bourse, en réduisant au maximum le coût et les formalités.

La Bourse possède, depuis 1977, un outil adapté pour s'ouvrir aux PME-PMI.

Encore faut-il l'utiliser, et connaissant les "blocages" qui existent entre banques et agents de change, il était prévisible que cette excellente initiative n'apporte pas les résultats attendus.

Pour développer ce "compartiment spécial" et faire venir des sociétés de Bourse par la voie du hors cote, il ne fallait donc pas être agent de change, ni banquier, c'est pour cela que j'ai décidé de m'inscrire comme auxiliaire de la profession boursière et démarcher les sociétés.

Je reprenais un chemin qui existait du temps de la coulisse, la "commercialisation de la Bourse".

Une expérience à développer : le démarchage des PME

Depuis dix-huit mois, malgré une période politiquement peu favorable, j'ai contacté 180 PDG ou directeurs financiers. Ces entreprises ont un chiffre d'affaires qui se situe entre 60 millions de francs et 3 milliards de francs ; elles emploient de 100 à 8 000 personnes.

Au cours de mes contacts, j'ai été souvent reçu avec étonnement et méfiance, se transformant généralement, au cours de ma visite, en sympathie et intérêt.

J'ai constaté, partout, une réelle méconnaissance de la Bourse, et des possibilités qui sont offertes aux entreprises, pour faire appel à l'épargne publique.

Les principales préoccupations de ces sociétés sont :

  • la progression des frais financiers,
  • la crainte de voir entrer dans la société des groupes financiers,
  • le problème de pérennité de l'entreprise (beaucoup de ces sociétés ont été créées après la guerre et près de 30% des chefs d'entreprises sont proches de l'âge de la retraite),
  • le financement de la croissance de l'entreprise.

Dans vingt sociétés, l'expert comptable a recommandé à la société d'utiliser le marché financier, dans tous les cas, le banquier les en a dissuadées.

Les éléments supplémentaires qui freinent les entreprises à se faire coter sont les suivants :

  • le coût trop élevé (le hors cote résout ces problèmes),
  • les formalités trop nombreuses (id.),
  • la crainte de céder une participation à un groupe concurrent ou financier (il existe des moyens tels que : actions sans droit de vote, action à vote plural, etc…, pour parer ces risques),
  • la présentation des éléments comptables n'est pas toujours adaptée à une cotation (il faut simplement un certain temps pour les aménager),
  • et surtout, la méconnaissance des chefs d'entreprise, sur ce que peut leur apporter la Bourse.

Pour que la Bourse finance les entreprises

Il faut un certain temps aux idées pour faire leur chemin, et c'est ce scepticisme sur les possibilités de la Bourse qu'il faut vaincre. Des moyens d'information peuvent être mis rapidement en œuvre, pour faire découvrir ces réelles possibilités.

Le marché financier peut utiliser et développer la libre confrontation de l'offre et de la demande de capitaux qui existe sur les Bourses françaises, et ainsi, créer un véritable marché primaire des actions à la disposition des entreprises moyennes.

Près de quinze mille de ces entreprises ont la taille pour accéder à une cotation de leurs actions, sur une des sept Bourses françaises. Quelques centaines d'entre elles pourraient très rapidement utiliser le marché financier pour effectuer des augmentations de capital.

La moyenne des besoins, pour chacune de ces augmentations de capital, se situe entre 5 et 10 millions de francs.

L'ensemble des transactions du marché financier étant de 150 milliards de francs par an, il serait très facile - à plusieurs milliers d'entreprises moyennes - qui seraient viables et fiables, de trouver en Bourse de petits actionnaires, pour répondre aux augmentations de capital.

La parcellisation du capital et l'ouverture et l'ouverture de celui-ci vers une multitude d'actionnaires est une forme de socialisation qui devrait se développer.

Si, par ailleurs, on admet qu'investir dans ce qui sera l'industrie de demain est bien plus passionnant que d'investir dans une société dite "de père de famille", où la progression devient faible, nous pouvons prévoir que l'attention des Français qui cherchent à investir devrait être attirée vers le marché des actions des PME PMI.

Il apparaît donc :

  • que l'on peut trouver, aisément, sur le marché boursier, un certain nombre de milliards qui pourraient être utilisés pour développer les fonds propres des sociétés,
  • que les moyens existent (hors-cote, "compartiment spécial"),
  • que les entreprises n'y seraient pas opposées, si elles étaient assurées de na pas être mangées par les "loups".

Je peux affirmer aujourd'hui, que l'expérience que j'ai tentée devrait aboutir, en 1982, à des résultats positifs… si on m'en laisse les moyens.

Il conviendrait maintenant de favoriser la création d'une certaine information et d'un réseau plus important, à travers la France.

C'est ce que je me propose de faire, avec tous les concours, et toutes les bonnes volontés que je trouverai.

Jean SALWA (en 1982)




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La Lettre des Nouvelles Affaires, bimensuel des années 80 réalisé par le CIIB, présentait les techniques et opportunités pour investir dans les TPE et PME innovantes introduites par le CIIB sur les bourses régionales.
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